Percurso e história de vida no IN-Mouraria

24 Agosto 2016

Este é o segundo de uma série de textos escritos por Hélène Mazin, estagiária de origem francesa a trabalhar no IN-Mouraria

Poderá encontrar abaixo a versão em português.

Jusqu’à IN-Mouraria…

Parcours et récit de vie 

IN-Mouraria accueille des centaines de personnes aux parcours de vie bien souvent complexe. Beaucoup viennent de loin, d’Afrique, d’Asie, ou de l’autre bout de l’Europe. Certaines sont seulement de passage dans notre centre, et d’autres, font une pause un peu plus longue. A chaque rencontre, nous tentons d’être attentifs aux singularités de chacun(e)s et aux histoires de chacun(e)s. Dans ce texte, nous avons voulu nous attarder sur l’histoire de Kabasele. Il vient de la République Démocratique du Congo et il souhaite nous raconter son parcours et nous expliquer quel chemin l’a porté jusqu’à IN-Mouraria.

En hiver 1991, Kabasele arrive à Lisbonne. En sortant de l’aéroport, il est surpris par la pluie et par le vent. Il n’a pas de manteau, pas parapluie. L’arrivée est un peu brutale. Sur sa route, il rencontre un compatriote qui propose de l’accueillir. Mais en vérité, ce dernier ne l’emmène pas chez lui mais dans appartement sans eau chaude, dans lequel habitent déjà 80 personnes. Kabasele fait la rencontre d’un « marchand de sommeil » comme on dit…

Rapidement il commence à travailler comme manœuvre dans le bâtiment. A cette époque le Portugal manque de main d’œuvre, car nombreux portugais ont quitté le pays pour travailler sur des chantiers en Suisse, en France ou encore en Espagne. Le Portugal fait alors appel à la population immigrée pour réaliser de grands chantiers tels que l’extension du métro de Lisbonne, la construction du nouveau pont sur le Tage ou la réalisation de grands centres commerciaux.

Ainsi, Kabasele trouve facilement du travail mais les conditions sont difficiles. Il travaille parfois jusqu’à 12 heures par jour et bien souvent sans contrat, comme beaucoup d’autres sans-papiers.

Sous la pression de la communauté européenne, en 1993 et en 1996, le Portugal met en place une campagne de régularisation exceptionnelle de ces travailleurs immigrés. Kabasel en bénéficie et obtient un permis de séjour en 1996.

Pour Kabasel c’est un temps de répit, de soulagement. Il peut enfin rendre visite à son frère et à sa sœur en France. Il peut enfin agir en toute légalité. Cependant, il continue de subir des discriminations. Il est sous-payé, on ne reconnait pas ses qualifications et lorsqu’il tente de faire venir sa femme restée au Congo, on lui refuse, à trois reprises. N’en pouvant plus d’attendre, le couple divorce.

Kabasele continue son chemin. Il fait des allers-retours entre le Portugal et la France à la recherche de meilleures conditions de vie. Mais les choses se compliquent encore une fois en 2008. En effet, Kabasele perd son permis de résident car il ne peut justifier d’un contrat de travail de plus de 6 mois. Kabasele est à nouveau sans-papiers.

Il commence à vivre dans la rue et à consommer de l’alcool tous les jours, surtout du whisky et du vin. Son état de santé se dégrade mais les administrations lui refuse l’accès aux soins car il est en situation irrégulière et ce, bien qu’il ait un numéro d’immatriculation et qu’il ait cotisé auprès de la sécurité sociale.

Les compatriotes lui donnent un coup de main. Il peut se nourrir au restaurant d’un ami et il gagne quelques sous en aidant le ferrailleur de Mouraria. Ainsi, Kabasele sillonne la ville, à la recherche de bout de ferraille à revendre et d’endroits où dormir.

En 2012, un centre de réduction des risques ouvre ses portes, en face du ferrailleur. Edna, une travailleuse-paire, traverse la rue pour venir discuter avec Kabasele. Mais Kabasele est fatigué et découragé. Il faudra un peu de temps et de persévérance pour qu’il arrive à franchir le pas de notre porte.

Kabasele se résout à rencontrer l’assistante sociale, Docteur Marta, comme il appel. Elle tente alors de prendre soin de ses maux administratifs et de rétablir ses droits, avec le soutien de toute l’équipe. Mais la situation de Kabasele est effectivement complexe… Malgré plus de 15 années de présence sur le territoire, les administrations ne cessent de lui répéter qu’il n’a le droit d’être là où il est. Il est menacé d’expulsion. Kabasele apprend alors à patienter…

Pendant ce temps d’attente et d’incertitude, il s’habitue à venir tous les jours à IN-Mouraria. Chaque soir, il vient se reposer quelques instants, discuter un peu et prendre quelque chose à manger. Au fil du temps, une relation de confiance se tisse avec l’équipe du centre.

Kabasele se remémore cette après-midi pluvieuse, où il doit partir avec l’assistante sociale à l’hôpital. Il pleut des cordes. Et 20 ans plus tard Kabasele n’a toujours pas de parapluie… Marta lui donne le sien et elle, tant pis, elle sera mouillée. Ce geste anodin, fait réaliser à Kabasele qu’il a non seulement trouvé à IN-Mouraria, une aide, un soutien, mais surtout un lieu d’humanité et de protection, où il est enfin reconnu comme une personne à part entière malgré son statut d’étranger. Pour Kabasele, IN-Mouraria est un véritable lieu d’accueil et de refuge. Ici, il se sent protégé du racisme de la ville et a le sentiment de faire partie d’un groupe, d’une communauté de personnes. Ainsi, IN-Mouraria procure un sentiment d’appartenance, un lien d’attachement, particulièrement important lorsqu’on est loin de chez-soi.

 

Récemment et ce, après des années de tentatives, de démarches, de rendez-vous et d’une plainte auprès du Procureur de la République, Kabasele a enfin obtenu une autorisation de résidence annuelle, pour raison humanitaire au vue de la situation politique et sociale au Congo.  
Ainsi, accompagner, c’est non seulement aller vers autrui et faire preuve de capacité d’accueil mais aussi, faire face ensemble à l’épreuve du temps et faire résistance aux côtés de ceux que les politiques tentent de rejeter.

Kabasele peut alors continuer sa route, et peut-être aller s’installer ailleurs.

Hélène Mazin

 

No IN-Mouraria…

Percurso e história de vida

O IN- Mouraria acolhe centenas de pessoas com percursos de vida muitas vezes complexos. Muitos vêm de longe, de África, da Ásia, ou do outro extremo da Europa. Alguns estão apenas de passagem pelo nosso centro e outros fazem uma pausa um pouco mais prolongada. A cada encontro, tentamos estar atentos às particularidades e às histórias de cada um(a). Neste texto gostaríamos de nos debruçar sobre a história do Kabasele. Vem da República Democrática do Congo e quer-nos contar o seu percurso e explicar o caminho que o trouxe ao IN-Mouraria.


No inverno de 1991, Kabasele chega a Lisboa. À saída do aeroporto, é surpreendido pela chuva e pelo vento. Não tem casaco nem guarda-chuva. A chegada é de certa forma brutal. No caminho encontra uma pessoa do seu país que propõe recebê-lo em sua casa. Mas, na verdade, não o leva para o seu apartamento, mas sim para outro onde não há água quente e no qual já vivem 80 pessoas. Kabasele tinha-se cruzado com um “marchand de sommeil”[1], como se costuma dizer...

Rapidamente, começa a trabalhar como operário na construção civil. Nessa altura faltava mão-de-obra em Portugal, pois muitos portugueses deixaram o país para trabalhar na construção civil na Suíça, França ou Espanha. Portugal recorre a população imigrante para realizar grandes obras, tais como a extensão do metropolitano de Lisboa, a construção da nova ponte sobre o Tejo ou de grandes centros comerciais. Assim, Kabasele encontra facilmente trabalho, mas as condições são difíceis. Às vezes trabalha 12 horas por dia, muitas vezes sem contrato, como muitas outras pessoas em situação irregular.

Sob pressão da Comunidade Europeia, em 1993 e 1996, Portugal implementa campanhas de regularização extraordinária destes trabalhadores imigrantes. Kabasele beneficia desta medida e obtém a autorização de residência em 1996.

Para Kabasele segue-se um período de descanso, de alívio. Pode finalmente visitar o seu irmão e a sua irmã em França. Pode por fim agir dentro da legalidade. No entanto, continua a ser alvo de discriminação. É mal pago, não lhe são reconhecidas as suas qualificações e quando tenta trazer sua esposa, que tinha ficado no Congo, o seu pedido é negado em três ocasiões. Não podendo esperar mais, o casal divorcia-se. Kabasele prossegue o seu caminho. Viaja entre Portugal e França em busca de melhores condições de vida. Mas as coisas complicam-se uma vez mais em 2008. De facto, Kabasele perde a autorização de residência porque não consegue apresentar um contrato por mais de 6 meses. Torna-se novamente um cidadão «indocumentado». Começa a dormir na rua e a beber álcool todos os dias, especialmente whisky e vinho. A sua saúde deteriora-se, e não recebe os cuidados de saúde necessários por estar em situação irregular no país, apesar de ter número de utente e descontos na segurança social.Os seus compatriotas dão-lhe uma mão. Pode alimentar-se no restaurante de um amigo e ganha alguns trocos, ajudando no ferro-velho da Mouraria. Kabasele percorre a cidade, à procura de sucata para vender e de lugares para dormir.

Em 2012, um centro de redução de danos abre as suas portas mesmo à frente do ferro-velho. Edna, uma mediadora do projeto, atravessa a rua para conversar com Kabasele. Mas ele está cansado e desanimado. Vai ainda levar algum tempo e perseverança para que chegue a cruzar a nossa porta.

Kabasele decide encontrar-se com a Assistente Social, a Dra Marta, como ele lhe chama. Ela tenta resolver os seus problemas administrativos e restaurar os seus direitos, com o apoio de toda a equipa. Mas a situação do Kabasele é extremamente complexa... Apesar dos mais de 15 anos de presença no território, as autoridades afirmam incessantemente que ele não tem o direito de estar onde está. É ameaçado de expulsão. Kabasele aprende a esperar...

Durante este tempo de espera e de incerteza, habitua-se a vir diariamente ao IN-Mouraria. Todos os fins de tarde vem para descansar um momento, conversar um pouco e comer qualquer coisa. Ao longo do tempo, uma relação de confiança constrói-se com a equipa do centro.

Kabasele relembra aquela tarde chuvosa, em que teve de ir com a Assistente Social ao Hospital. Chovia torrencialmente. E 20 anos depois, Kabasele continua sem ter guarda-chuva... Marta dá-lhe o seu, ela vai-se molhar, mas não importa. Este gesto simples serviu para Kabasele perceber que no IN- Mouraria tinha encontrado não só assistência, apoio, mas acima de tudo um lugar de humanidade e proteção, onde é finalmente reconhecido como uma pessoa completa, apesar do seu estatuto de estrangeiro. Para Kabasele, o IN- Mouraria é um verdadeiro lugar de acolhimento e refúgio. Aqui sente-se protegido do racismo da cidade e tem a sensação de ser parte de um grupo, de uma comunidade de pessoas. Assim, o IN- Mouraria oferece um sentimento de pertença, um vínculo especialmente importante quando se está longe de casa.

Recentemente, após anos de tentativas, atendimentos, requerimentos e queixa na Procuradoria Geral da República, Kabasele obtém finalmente uma autorização de residência anual por razões humanitárias, tendo em conta a situação política e social no Congo. Assim, acompanhar é não só ir ao encontro do outro e demonstrar capacidade de acolhimento, mas também lidar em conjunto com o teste do tempo e resistir ao lado dos que as políticas tentam rejeitar.

Kabasele pode então continuar o seu caminho, e talvez mudar para outro lugar.

                                                                                                          Hélène Mazin

 

[1] Marchand de sommeil, é uma expressão idiomática para designar um proprietário que arrenda habitações insalubres a pessoas em dificuldade social a fim de ganhar o mais dinheiro possível.